Un attroupement ridicule d'adolescents pré pubères. Ils crient, font entendre leurs voix rauques qui font vibrer la ville encore endormie. Il est 8h quand la marche prend la route, au départ dans un sens, puis dans l'autre, confusion d'itinéraire, pris dans l'élan chaleureux de l'étoffe de la revendication. Elle ne paye pas de mine cette manifestation, ce n'est que le début, mais déjà, ils sont venus en masse, ils le savent, ils veulent avoir du poids et ils doivent crier pour ça, s'écorcher les cordes vocales, se trancher la gorge pour mieux entendre leur plainte. Une éducation remaniée qu'ils disaient, une éducation nouvelle et déjà les premières réformes tombent. A 35 par classes, pourquoi chercher à comprendre ? Les lycéens ne sont que de simples moutons de panurge, ils ne pensent pas, ils suivent. Mais pas cette fois. Déjà en 2003, pour un CPE qui avait remuer les esprits, ensuite pour ça. Le gouvernement a peur, il se cache derrière des chiffres, derrière des pronostics de baisse démographique. Ne prenant conscience que lorsque cela va dans leur intérêt, que les chiffres ont deux bras, deux jambes, parlent, marchent et réfléchissent. Suppression de poste, augmentation d'effectifs, qu'il est simple de se fondre dans la masse. Alors nous y étions, tous, bande de copains revendicateurs, sans expérience. Mais nous avions des idées à clamer, de bonnes chaussures et une voix cassée. Deux ou trois banderoles aux mots choisis et nous voilà parti. Une matinée de cris, une matinée de plaintes, mais aussi une matinée de bonne ambiance comme nous les aimons. Ce n'est pas tous les jours que l'on marche sur la route. Puis suit un article, sous-estimation des effectifs, mais au moins, nous gagnons à être connu. Les syndicats nous prêtent leur voix, aujourd'hui les députés, toute la France maintient nos idées. Bienvenue au nouveau gouvernement, prévention, ça risque de devenir difficile.
Gandhi.